
Le réseau Una (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles), intervenant dans l’aide et le soin à domicile auprès de personnes âgées et handicapées et de familles, a présenté le 9 septembre 2026 ses propositions pour « transformer l’intention en réalité » en matière de politique de l’autonomie à domicile.
Le financement de l’aide à domicile relève de la solidarité nationale et doit, à ce titre, être pris en charge par la cinquième branche de la sécurité sociale, considère Una. L’enjeu est d’assurer un « virage domiciliaire » et de construire un « droit universel opposable » à l’accompagnement à domicile. Les départements pourraient conserver l’évaluation des besoins et l’attribution des plans d’aide APA et PCH – une mission qui serait donc décorrélée du financement par la sécurité sociale.
Le constat est partagé par tous : les Français veulent pouvoir vivre chez eux, quels que soient leur âge, leur handicap, leur situation familiale. Le « virage domiciliaire » est sur toutes les lèvres, dans toutes les promesses politiques. Mais soyons lucides : un virage ne se décrète pas par une circulaire ou un slogan de campagne. Il se construit, sur le terrain, avec celles et ceux qui le font vivre au quotidien, mais surtout en tenant compte de la volonté et des besoins de nos concitoyens les plus fragiles. Construire le virage domiciliaire, c’est d’abord respecter la liberté des personnes et de leur entourage de choisir l’accompagnement qui leur convient. C’est reconnaître que la qualité des interventions à la veille des échéances électorales, notre fédération refuse les promesses et les déclarations d’intention, et réclame des actes. Pour que le choix du domicile soit une liberté réelle et universelle, nous devons bâtir un modèle robuste, durable et pluriel. C’est là tout le sens de l’engagement d’UNA et de ses propositions. Loin des clivages partisans, les services médico-sociaux à domicile démontrent chaque jour leur utilité publique. Par leur engagement sans faille même dans les crises les plus dures, leur capacité d’innovation et leur présence partout et pour tous, ils apportent des réponses concrètes là où sont les besoins, là où vivent les personnes. Ils ne sont pas une variable d’ajustement des politiques de sécurité sociale, mais un pilier indispensable de la cohésion sociale de notre pays.
Construire le virage domiciliaire, c’est d’abord respecter la liberté des personnes et de leur entourage de choisir l’accompagnement qui leur convient. C’est reconnaître que la qualité des interventions à
domicile repose avant tout sur les compétences des professionnels et des gestionnaires de structures, sur des conditions de travail de qualité et sur les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des personnes accompagnées.
Les propositions que nous portons dans ce livret ne sont pas des requêtes corporatistes. Ce sont des solutions de bon sens pour moderniser notre système de santé et d’autonomie. Nous appelons les futurs décideurs à la responsabilité : la réforme globale du secteur médico-social et la concrétisation du virage domiciliaire doivent être la priorité du nouveau mandat présidentiel, sauf à assumer le risque de voir le modèle de protection sociale français s’altérer profondément. Le virage domiciliaire sera partenarial, pragmatique et inclusif, ou il ne sera pas. Nous sommes prêts à le bâtir.
Mots-clefs : santé, solidarité
